Resumé: E015: LES OBJECTIFS DE LA POLITIQUE MONETAIRE
Fiche texte courant: No 015
Auteurs: David J-H., Jaffre P.
Titre: Les objectifs de la politique monétaire
Source: La monnaie et la politique monétaire, Economica, pp. 91-97
Thème: monnaie et finance
Type: enseignement
Mots: politique, monétaire, inflation, économique, taux
Entré le: 01/01/92
Plus la politique monétaire est harmonisée avec (et sert comme intermédiare entre) les autres composantes comme la politique budgétaire et fiscale, la politique des revenus et les politiques structurelles, plus la politique économique générale est efficace,
Un objectif ultime de la politique économique générale est d'assurer . La politique monétaire est un moyen important pour atteindre ce but.
La première évidence est que l'insuffisance de la monnaie aggrave les investitions et ainsi entrave la croissance économique.
L'inflation, causée par une trop grande quantité d'argent, constitue la deuxième évidence: Va-et-viens coûteux, mauvais choix d'investissements et injustices sociales. Un accroissement de la demande intérieure provoquée par l'inflation aboutit à une production interne trop coûteuse et incompétitive. À cause de produits étrangers plus compétitifs ou une offre interne insuffisante, il s'ensuit une augmentation des importations. Le déséquilibre de la balance des paiements qui en résulte, peut être réduit seulement par un freinage brutal de la demande interne. Mais une inflation permet aussi la survie d'entreprises très endettées (criblées de dettes). Enfin l'inflation cause des pertes aux petits épargnants en faveur des débiteurs (Enfin l'inflation est une des causes des pertes...).
La troisième évidence est un taux de change désorganisé par un déséquilibre des paiements. Par conséquence les entreprises tombent dans l'embarras (finanz. Druck) et la croissance ainsi que la spécialisation industrielle du pays sont affectées.
Mais le taux de change n'exerce pas seulement à court terme une influence importante sur l'activité économique -- à long terme une monnaie forte entraîne une bonne spécialisation internationale parce qu'elle contraint les entreprises à rechercher des créneaux porteurs sur lesquels elles ont moins à craindre la concurrence par les prix des pays au coût de main-d'oeuvre plus faible. La croissance économique allemande après la Deuxième Guerre mondiale justifie cette thèse mais en France, pendant les années 1950, les ajustements à la baisse du taux de change se sont accompagnés d'un très fort développement économique.
Mme Thatcher et M. Reagan ont poursuivi un contrôle monétaire très strict. Aujourd'hui la politique monétaire n'est souvent pas au centre d'intérêt (Bien qu'aujourd'hui la politique monétaire ne soit pas souvent au centre d'intérêt, Mme Thatcher et M. Reagan ont poursuivi un contrôle monétaire très strict.)
Les raisons permanentes sont que les mesures de politique monétaire sont discrètes, parce qu'elles ne sont pas bien compréhensibles par le public et parce que chaque lobby a des intérêts plus importants, comme les mesures budgétaires, fiscales (p.ex. accroissement des impôts) ou les mesures concernant les salaires et les prix. Cela fait des mesures monétaires un instrument utilisé quand on ne veut pas perdre le soutien du corps électoral.
Les observations suivantes justifient la thèse d'une influence prépondérante de la politique monétaire sur l'activité économique:
(1) L'évolution de la production intérieure brute et celle de la masse monétaire sont bien corrélées.
(2) La demande de logements neufs est très sensible aux variations de taux d'intérêt. C'est parce que le taux d'intérêt détermine le niveau de la mensualité (dont le montant doit rester plus petit que le revenu) d'un prêt qui doit rester plus petite que le revenu. La mensualité s'augmente avec le taux d'intérêt et par conséquent certains ménages ne peuvent emprunter si la mensualité est trop grande.
(3) La politique monétaire est un des facteurs qui, outre la situation financière et les perspectives de rentabilité, influencent l'investissement productif.
(4) La consommation de biens durables est sensible au taux d'intérêt.
Les thèses keynésiennes -- éléments de la politique économique jusque vers la fin des années 1970 -- attribuaient peu d'importance à la politique monétaire. Au contraire, les thèses monétaristes du début des années 1970 fournissent un cadre théorique et insistent sur le lien entre la quantité de monnaie et l'inflation. Les recommandations suivantes sont des examples:
(1) Quand on accroit la quantité de monnaie pour obtenir (réaliser) une relance, le seul effet à long terme sera l'accroissement de l'inflation.
(2) L'inflation peut être reduite par une reduction (de l'accroissement) de la quantité de monnaie en circulation.
Mais pour que ces mesures n'aient comme effet qu'un affaiblissement de l'activité économique et un accroissement du chômage, il est nécessaire que les agents économiques croient au succès des mesures monétaires et ajustent leurs comportements immédiatement -- comme expliqué par la théorie des anticipations rationnelles.
On a les deux problèmes de l'inflation et du chômage
qui ne peuvent pas être résolues seulement par la
politique budgétaire: Un budget restrictif accroit le chômage
et l'opposé relance l'inflation sans vraiment maîtriser
l'autre problème. Dans cette situation une politique monétaire
pouvait faire reculer l'inflation et parfois diminuer le
chômage aux prix d'une sévère récession.
Ayant maîtrisé l'inflation, l'emploi et la croissance
ont été remis au premier plan des préoccupations
et une politique monétaire n'était plus considérée
nécessaire.
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